L’édito invité, par Renaud Nicolas Petit, Rédacteur en Chef
Bienvenue sur la nouvelle version de notre newsletter,
Pour la concevoir, nous avons sollicité votre avis et vous avez massivement répondu à l'appel, merci ! Nous avons appris à mieux vous connaître et, grâce à vos retours, avons pu élaborer une nouvelle formule. Plus de veille, des sujets traités en profondeur… Nous espérons qu'elle vous plaira ! Si vous avez d’autres idées à partager, n'hésitez pas à nous écrire.
Cette semaine, la rédaction s'est penchée sur le sujet du cuir, serpent de mer dans la mode. La multiplicité des enjeux est frappante. Bien traitance animale, chimiques toxiques, déforestation... Répondre à tous ces défis avec une seule solution semble impossible. Nous vous proposons ici d’explorer des alternatives raisonnables, comme le cuir recyclé en avant-première chez GANNI, ou tout simplement de connaître les critères essentiels pour un sourcing de qualité. La quête d'une réponse globale demeure un vrai défi. Nous gardons l’œil ouvert et le sens critique !
LA QUINTESCENCE
Les points clés de la semaine sur The Good Goods et ses réseaux.
#NEWS Bienvenue dans notre nouvelle newsletter - Vous l’avez vu et compris : nous avons tout changé, à commencer par travailler avec la plateforme française - Kessel, dédiée aux newsletters de qualité - qui nous accueille désormais. Le fond et la forme qui suivent ont intégralement changé. Nous partagerons notre veille, nos réflexions, les évènements phares et les perspectives hors secteur qui nous donne du grand-angle. Si vous n’êtes pas encore abonné·e, vous pouvez le faire ici. Nous avons également un format “hors série” mensuel dédié à une thématique ou à un partenaire, pour explorer un sujet en profondeur qui, idéalement, aide à décarboner en grand. Vous pouvez vous abonner à la newsletter hors-série ici.
#SOURCING Comment bien choisir un cuir de première main ★ Le cuir est une matière polarisante. Qu’on l’adule ou qu’on souhaite s’en éloigner, il faut avant toute chose comprendre le réel : d’une part une industrie séculaire qui génère des dizaines de milliards de chiffre d’affaires à la France et fait rayonner un savoir-faire inégalé, y compris désormais technologique en matière de traçabilité, d’autre part, des pratiques chimiques incertaines et une éthique animale discutable pour la grande majorité de la production mondiale. Pour avancer ensemble vers un futur sensé, seuls la connaissance et les outils pour maîtriser ce que l’on consomme peuvent éclairer. Produire moins, des objets de qualité, durables dans le temps et s’armer, pour commencer, d’un guide des bonnes pratiques à l’usage du sourcing du cuir de première main.
#VERSUS Un point sur les teintures - Les cocktails de couleurs sont des bombes toxiques. C’est ce que tendent à démontrer les dernières recherches partagées par l’OCDE et ce que se doit de revoir urgemment la réglementation REACH. En attendant de maîtriser les risques, le principe de précaution doit régner et nous devons pousser les alternatives aux composants fossiles omniprésents. L’année 2023 a marqué une avancée significative de plusieurs solutions de teintures responsables. On fait le point.
DEMAIN S’ECRIT (AVEC) LA VEILLE
A lire, à voir, à écouter ailleurs.
Pelinova® ©ClaireGrandnom pour Recyc'Leather
Un tour de force par GANNI, Lenzing et Recyc Leather… Pour toute l’industrie
GANNI s'associe à Lenzing et Recyc Leather pour développer une innovation matière exclusive, la Pélinova®, alternative au cuir animal neuf. Les fibres de cuir, collectées pre-consumer par Recyc Leather, sont hydrojetées dans les fibres TENCEL™ Lyocell, matière déposée par Lenzing. Le résultat est un matériau sans composant plastique, généré en boucle fermée, suffisamment souple et résistant pour le design de chaussures. GANNI magnifie la Pélinova® dans une botte souple, commercialisée en 2024. Sur Première Vision, nous recevrons les 3 entités pour parler de cet accomplissement (session en anglais).
L’innovation douce-amère : quand BASF et Inditex recyclent le polyamide
Effusion de joie ou sursaut de terreur ? Cherchons plutôt la voie du milieu… Recycler le nylon et le polyamide post consumers est un défi non relevé à date. Réjouissons-nous que l’industrie avance en ce sens, si tant est que cela ne concerne pas l’effet d’annonce isolé d’une collection capsule vertement marketée. Il s’agit ici d’une veste isolée mais le fabricant déclare une industrialisation. La fin de vie, ensuite ? Recycler un produit toxique en un autre qui ne pourra lui-même être recyclé, c’est un autre écueil aux mérites tant vantés du polyester circulaire. Ici, le duo déclare que la fibre pourra l’être intégralement et que ses propriétés ne seront pas altérées par les cycles. Alors, pourquoi on tique… ? Parce que la déclaration - antithétique - du communiqué ne laisse aucun doute sur la non soutenabilité du projet. « D’ici 2030, BASF vise à doubler son chiffre d’affaires généré par des solutions pour l’économie circulaire pour atteindre 17 milliards d’euros. (…) BASF est l'un des principaux fabricants de polyamide 6 et de ses précurseurs. »
Précarité climatique et “maladaptation” des entreprises : en quoi les risques sont-ils partagés ?
La modélisation informatique pour analyser la part des décès attribuables au changement climatique, c’est la méthode d’épidémiologistes pour opposer des données au scepticisme politique. Depuis 2000, 4 millions de personnes sont estimées décimées par la malnutrition, les catastrophes naturelles, les vagues d’épidémies ou de chaleur imputables au dérèglement. Ce nombre est très largement sous-estimé et bien supérieur à tout état mondial d’urgence sanitaire déclaré, en dehors du COVID. La santé planétaire est une notion complexe à appréhender et l’on pourrait croire que ces données concernent uniquement les populations précaires. De par notre interdépendance à la biodiversité, cultiver cette croyance présente un risque très élevé de maladaptation climatique, en particulier pour les entreprises et les gouvernements, pour lesquels le coût de l’inaction climatique sera immense.
La circularité tombe à plat ?
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