Apple et Vuitton s'en sortiront

Pour les petits commerces, c'est une tragédie.

The Good Goods
4 min ⋅ 21/10/2026

Casser et piller ne dégrade pas seulement la vitrine d’une marque, mais toute la qualité de (nos) vie(s) alentour.

Plus de 3 000 commerces ont été saccagés le 17 octobre. Les grandes enseignes - Decathlon, Sephora, Burberry, Vuitton… - se remettront relativement rapidement, portées par des fonds, une trésorerie robuste, des assurances solides. Cela n’empêchera pas le traumatisme des équipes, la précarité accentuée des emplois des vendeurs et acteurs de terrain, le climat de chaos qui fera fuir la clientèle. Pour les commerces indépendants et les petites marques, c’est une tragédie. Ces commerces évoluent depuis des mois dans un contexte économiquement morose. Pour certains, le coût des franchises et de ce qui ne sera pas pris en charge par les assurances sera le coup de grâce de leur activité. Pour nous, citoyen·nes, les conséquences sociétales se révèleront à long terme, tout aussi délétères. Les commerces de proximité sont les poumons des villes. Sans eux, pas de vie de quartier, pas de rencontres, moins de possibilités de « faire société » dans un monde capitaliste régi par les échanges marchands. Sans eux, la vie des centres-villes est remplacée par des lockers Amazon et AliExpress, des chaînes de fast fashion et des géants de l’alimentaire. Sans eux, il y a moins de vie culturelle, scolaire, associative, notamment dans les petites villes. Soutenons nos commerçants.

Victoire Satto, CEO The Good Goods


LA QUINTESSENCE

Les points clés de la semaine sur The Good Goods et ses réseaux.


#ÉCO-ORGANISME — À quoi sert (vraiment) l’argent collecté par Refashion ?

Chaque année, les éco-contributions des marques à Refashion représentent des dizaines de millions d'euros. Comment est ou n'est pas dépensé cet argent ? Quelles modifications la révision du cahier des charges appelle-t-elle ? Que va changer l'instauration d'une pénalité pour les produits de fast fashion, également gérée par l'éco-organisme. Dans notre second dossier d’enquête, on explore le rôle de Refashion, les controverses et blocages actuels au développement des filières de collecte, de tri et de recyclage en France.

#CIRCULARITÉ – Du réassort dans le réemploi ou "l'inception" de l'économie circulaire.

On reproche souvent au réemploi (ou à l'usage de stocks existants, qui se distingue de l'upcycling par l'absence de re-patronage/re-design nécessaire) un fonctionnement contraint à la pièce unique, la petite série ou l'artisanat, du fait de quantités très limitées et hétérogènes. Huit ans après son lancement, pionnière dans son domaine, Adapta y remédie et propose de nombreuses peaux avec réassort permanent.

#RSE — La garantie à vie, remède à la concurrence de l’ultra low cost ?

Et si le remède à l'ultra low cost était la qualité, garantie à vie ? C'est la conviction de Dominique Durand, Président de Carré Blanc qui annonce ce service. Sûr de ses produits, il promet aux clients de choisir celui qui leur conviendra le mieux, de le remplacer en cas de défaut dans les dix ans après l’achat puis de le recycler lorsqu’il a atteint sa fin de vie. À rebours d’une consommation textile effrénée, rencontre avec un dirigeant qui défend la qualité et le respect de toute la chaîne de valeur.

L’ÉVÉNEMENT DE LA SEMAINE


STEP by Pollutec

STEP by Pollutec est un salon qui réunit, décembre 2026 à Paris, les industriels, éco-industriels et collectivités autour de deux enjeux désormais incontournables pour la mode et le textile : décarbonation et économie circulaire. Cette année, bénéficiez d’une offre exceptionnelle pour ces deux filières, en partenariat avec le salon et la Fédération de la Mode Circulaire. Cela inclut un tarif spécial d'exposition pour un format "pod + business pack", la possibilité de prendre gratuitement la parole sur le stage et un lien d'invitation pour un pass gratuit, pour vous et votre réseau, en tant que visiteur. Infos ici. Demander à être recontacté ici.

ON A LU POUR VOUS


L’Opinion— Biodiversité, la France, ambitieuse et à la traîne
Alors que la COP17 s’est ouverte à Erevan sans Emmanuel Macron ni Monique Barbut, Paris affiche pourtant de grandes ambitions, avec le soutien à l’objectif européen de protéger 30 % des terres et des océans d’ici 2030 et un plan national de restauration de la nature visant 4 millions d’hectares agricoles et 5 millions d’hectares de forêts. Pourtant, selon la Cour des comptes, les oiseaux des milieux agricoles ont chuté de 46 % en France depuis 1990, bien au-delà de la moyenne européenne, et seul 1 % du territoire métropolitain bénéficie d’une protection stricte, quand l’Europe vise 10 %. Côté budget, la Stratégie nationale biodiversité n’a reçu que 427 millions d’euros supplémentaires sur les 1,09 milliard prévus, tandis que l’État consacre chaque année 10,2 milliards d’euros à des subventions néfastes pour la nature, soit plus de trois fois ce qu’il dépense pour la protéger…

Les Échos – La France chiffre à 5 milliards par an le coût de la restauration de la nature

Dans son Plan national de restauration de la nature transmis à Bruxelles, la France évalue à environ 5 milliards d’euros par an le coût de la préservation de ses écosystèmes, dont les services rendus sont estimés à 49 milliards annuels. Un peu plus de 3 milliards sont déjà mobilisés, le reste devant venir des fonds privés et européens, à commencer par la PAC. L’agriculture concentre l’effort, avec 4 millions d’hectares à restaurer d’ici 2030, dans un contexte peu favorable marqué par le retour dérogatoire de deux néonicotinoïdes.

La Croix – La Californie muscle son droit du travail face à la vague de l’IA
Le Gouverneur de Californie, Gavin Newsom, a promulgué fin septembre le « No Robo Bosses Act », qui interdira dès 2027 tout licenciement décidé par un seul algorithme et imposera de signaler les licenciements collectifs liés à l’automatisation. L’État s’appuie aussi sur un observatoire inédit, conçu avec UCLA, qui croise chaque mois demandes de chômage et exposition des métiers à l’IA : dans la baie de San Francisco, celles des métiers les plus exposés ont bondi de plus de 50 % depuis ChatGPT.

LES PREMIERS DE LA CLASSE VERTE


Sainte Paris

Sainte Paris est une maison française née d’une volonté de repenser le vêtement de bain, dans sa conception comme dans la place qu’il occupe dans le vestiaire féminin. Elle invite à considérer le vêtement de bain autrement : non comme une pièce réservée à une saison ou à un moment, mais comme un essentiel que l’on conserve, porte et réinterprète. Une attention particulière portée aux matières, avec des tissus italiens recyclés, et par une recherche autour de l’innovation textile, notamment à travers une fibre intégrant des actifs cosmétiques microencapsulés. Des pièces sculpturales pensées pour accompagner le corps et traverser les usages. Sur inscription.

ON NOUS A VUS, ON NOUS VERRA

  • Au salon STEP by Pollutec, les 1er et 2 décembre 2026 à Paris Expo Porte de Versailles. Un nouveau rendez-vous dédié à la décarbonation, à l’économie circulaire et à la transformation écologique. S’inscrire.

  • Au Festi Text’Île, samedi 24 et dimanche 25 octobre 2026 – Place Jean Jaurès et Mairie de Montreuil. Réparer, transformer, créer, défiler, débattre, danser : pour sa première édition, Festi Text’Île invite le public à faire de la transition textile une expérience concrète, joyeuse et populaire. Organisé par la Cie Koshka Luna, avec le soutien d’Est Ensemble (Fonds Zéro Déchet) et de la Fédération de la Mode Circulaire, le festival réunit artistes, créateurs, jeunes en formation, associations et acteurs du réemploi.

  • « Déstabiliser les standards de la couleur », au prochain RDV ENAMOMA-PSL pour sa prochaine matinale recherche, le 10 novembre à l'Ecole Nationale des Mines de Paris.

AUX ANTIPODES

La découverte hors-secteur, pour penser contre son cerveau.


Modern Art Fair

Du 22 au 25 octobre 2026, place de la Concorde, dans des pavillons éphémères, la Modern Art Fair fait partie de la Semaine internationale de l’art à Paris, en parallèle d’Art Basel Paris. Il s’agit de la sixième édition. Plus de 60 galeries y présentent des œuvres des 20e et 21e siècles : peintures, sculptures, photographies, objets d’art et mobilier. Le parcours est organisé en trois sections : art moderne, art contemporain et design. La foire mise sur le dialogue entre les œuvres et le design. L’an dernier, certains stands reprenaient l’aménagement d’un salon, avec du mobilier contemporain associé à des références au design des années 1970. Pratique : entrée à 25 €, ouverte à tous, métro Concorde (lignes 1, 8 et 12).


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Par The Good Goods

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  • A travers une activité de conseils experts sur mesure (masterclass & conférences, CleverBooks, production de contenus en marque blanche, stratégie RSE).

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